rose

(oser, éros, rose)

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Ecole nationale supérieure de danse de Marseille

De la spirale parfumée à l’espace cubiste, création avec Pas de parades d’Andy de GROAT

Mercredi 3 au vendredi 5 mars 2010 à 20h30 / Grand Studio du CND Pantin

 

Chorégraphie et mise en scène : Daniel LARRIEU

Scénographie : Lou Dark

Création musicale : Antoine HERNIOTTE, extrait du Spectre de la rose de C-M von Weber,  La vie en rose – Edith Piaf – Louiguy.

Avec Claire COURRIER, Melissa GUERIN, Benjamin GOUIN, Ophélie LE HIRESS, Clémentine LOUIS, Aurélie MALDONADO, Haruka MIYAMOTO, Juliette MURGIER, Yukiko SAKAI

Durée : 19 min.

Créatrice costumes : Dominique FABRÈGUE – Assistante : Clémentine MONSAINGEON

Créatrice lumières : Évelyne RUBERT

Répétitrice : Fabienne OZANNE-PARÉ

A propos de ROSE

Daniel Larrieu ne décompose pas ses sujets, mais en sépare les éléments pour mieux les goûter. En un seul et unique terme, « Rose », il nous fait entrer dans son grand atelier à  décanter du Spectre de rose. Se laissant aspirer par le matériau, il n’en délivre, après germination comme il se doit avec lui, que l’essence. Tout est simplement rose. Il y a du rose dans la peau. Il y a du grain de la peau dans la rose. Rose est une chanson qui parle de vie. Rose est le désir. Rose est l’interdit de ce désir, son détournement spiralé, sa texture. Rose est le bal, d’où l’on s’échappe imprégné d’Éros. D’ailleurs, qui, du Spectre de la Rose ou de la jeune fille, entraîne l’autre dans une de ces valses touchant au cœur les bonnes mœurs ? D’ailleurs, qui des deux est le masculin ou le féminin ? Le Spectre, superbe non-dit d’un possible état d’abandon dans les volutes de l’érotisme.

Avec Larrieu, la danse s’exhale à fleur de peau. Pourtant, pas de surface sans chair. Pas d’enveloppe sans profondeur. Le chorégraphe a besoin de connaître l’état des corps qu’il va lancer dans le mouvement. Au point de dispenser lui-même des éléments de sa propre pratique corporelle, y compris en passant par une approche « Feldenkrais ». Nécessaire trajet d’un corps « préparé », entré en conscience de lui-même. L’écriture se joue à l’endroit où les êtres immatériels dénouent les composantes de la présence et de l’absence. Interpréter, n’est-ce pas créer des espaces d’opacité et de transparence de soi ?

Larrieu voit donc du rose partout. Rose se calligraphie et se répète. Répétition d’où naît le matériau restituant les mille sensations et émotions associées au vocable. Gertrude Stein n’a-t-elle pas écrit Rose is a rose is a rose is a rose… Elle dont le portrait a été peint en 1906 par un certain… Picasso.

Jean Christophe PARE

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